Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres.
Un chemin creux s'enfonçait. Tout disparut. L'homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée ; tandis qu'un talus d'herbe s'élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d'une vision de village aux toitures basses et uniformes.
Contournant presque entièrement la citadelle, une coupure de la falaise pouvant ressembler à un gigantesque corridor faisait un long circuit entre deux murailles abruptes, sert de port aux rares marchands intéresser par le royaume malgré les tarifs douaniers que demandait le suzerain.
Le peuple vivant une période et famine constamment menacé par le règne d’un roi que ceux qu’il ne contrôlait pas le pensaient fou à lier. Pourtant, jamais personne ne se rebellerait car, avec des preuves à l’appui, chaque changement de seigneur les entraînait dans de plus pires conditions de vie.
Le corridor servait de point de regroupement pour les gardes du tyran.
Sur la montagne blanche, la ville posait une tache plus blanche encore. Elle avait l’air de nids d’oiseau sauvages, accrochées, ainsi, sur ce roc dominant ce passage terrible où ne s’aventurent guère les bateaux.
Néanmoins le charme était brisé tant soit peu qu’on se rapprochait. Les rues étaient sales et marécageuses. Ceux qui vivaient dans la capitale étaient menacés par toutes les épidémies souvent déjà des maladies avaient décimé la populace. Des feux avaient détruit les dernières maisons acceptables ou seulement vivables. Les années passant, les grandes et anciennes familles, qui empêchaient que le Lausrund finissent tuer par les rois, s’en étaient allées pour d’autres contrées ceux qui étaient encore assez attachés au Lausrund des temps passés et avaient décidé de rester avaient fini dans un cachot pour des broutilles. Depuis lors personne n’avait entendu de leurs nouvelles
Le vent, sans repos, fatiguait la mer, fatiguait la côte nue, qui rongée par lui était à peine vêtue d’herbe. Il s’engouffrait dans le détroit, dont il ravageait les deux flancs. Les traînées d’écume pâle accrochées aux pointes noires des innombrables rocs qui percent partout les vagues avaient l’air de lambeaux de toiles flottant et palpitant à la surface de l’eau.
L’ouragan s’engouffrait dans le petit vallon sifflant et gémissant arrachant les ardoises des toits brisant les auvents abattant les cheminées lançant sans les rues de telles poussées de vent qu’on ne pouvait marcher qu’en se tenant aux murs et que des enfants eussent été enlevés comme des feuilles et jetés dans les champs par-dessus les maisons
Il cheminait courbé en deux par les vents. Même en temps normal, il se promenait courbé par le poids que sa vie avait mis sur ses épaules fragiles. Sur le plan extérieur, il semblait fade et sans intérêt comme n’importe quel gamin des rues que ses parents avaient jeté dehors par faute d’argent.
C’était malheureusement une pratique des plus courantes. Des marchands d’esclaves traversaient en grand nombre le Lausrund et achetaient des enfants pour de quoi nourrir ceux qui restaient ou pour des outils agricoles, bon marché.
Lui, par chance, partit avant l’arrivée de marchands dans son village sinon sa famille aurait assez souffert pour avoir sur son âme la vente d’un de ses fils.
De plus, Zorn était celui de ses frères à avoir le plus de chance de survivre de tout temps il avait survécu à de très grande période de famine. Malgré se quand pensait son père ou Zorn lui-même. Dans toute sa vie il se sous-estima
Sans s’arrêter, pourtant, hormis quand la pluie avait commencé pour recouvrir d’un tissu huilé la harpe qu’il portait en bandoulière sur l’épaule. Son seul bien précieux qu’il chérissait plus que sa propre vie. Il l’avait volé des années avant. Comme les guenilles qui le couvraient bien mal, sa peau était violacée bien qu’il n’y fit pas attention.
Il chantait mieux que la plupart des bardes qui se donnait ce nom. Ils étaient peu, le pays était de plus en plus pauvre d’année en année. Selon certains comme châtiments envoyés par les dieux en pénitence des péchés du roi.
Zana, la déesse de la justice et de la lumière, adulée au pays, malgré le vouloir du roi fidèle de Feihr.
Le vent du nord soufflait en tempête emportant par le ciel d’énormes nuages d’hiver lourds et noirs qui jetaient en passant sur la terre des averses furieuses
La mer démontée mugissait et secouait la cote précipitant sur le rivage des vagues énormes lentes et baveuses qui s’écroulaient avec des détonations d’artillerie elles s’en venaient tout doucement l’une après l’autre hautes comme des montagnes éparpillant dans l’air sous des rafales l’écume blanche de leurs têtes ainsi qu’une sueur de monstres
Et les ménestrels haïs par le roi et indirectement par sa Garde. Plus personne n’avait l’argent pour s’occuper de distractions. Le roi lui-même refusait d’héberger des saltimbanques. Il préférait dépenser ses maigres revenus à créer un temple pour que le dieu l’accepte quand son heure arrivera.
Une épée rouillée battait son flanc droit, il l’avait trouvé au fond d’une ruelle, une nuit. La nuit où son père l’avait jeté dehors de chez lui, il y a 7 ans. Peu à peu, il avait appris à s’en servir pour se défendre et il fallait avouer qu’il se débrouillait assez bien pour un autodidacte.
Dans les années où il avait été sans logis, il avait appris à se défendre au corps à corps. Une dague était toujours cachée sur lui. Cette époque l’avait rendu solitaire et il ne se fiait à personne, même pas à lui-même.
Seul dans la matinée brumeuse il ne se fit pas importuner, les détrousseurs étaient partis se réfugier du mauvais temps dans les cavernes qui faisait profusions dans les montagnes. Le royaume de Lausrund était formé que de montagnes que les animaux avaient désertées. Des arbres étaient en profusion mais d’une espèce sans valeur commerciale. On ne pouvait même pas les brûler car le bois brûlaient difficilement et avec une fumée mortelle.
La mer si souvent en colère donnait, il faut l’avouer, d’excellent poissons mais le roi les gardaient pour lui seul et sa cour. Un châtiment horrible attendait ceux qui voulaient désobéir.
De toute façon, il n’avait rien à se faire voler. Les ménestrels n’étaient pas importuner en règle générale par les brigands pourtant ils devaient faire doublement attention aux soldats qui haïssaient ceux qui vivaient de leurs talents sans avoir de demeure fixe et qui ne payait de taxes. Tous ceux, finalement, qui chérissaient la vie et vivaient heureux.
Les soldats postés sur les murailles étaient tous partis se réfugier dans une taverne si peu nombreuse dans la capitale. Non que l’alcool soit interdit mais le peuple était si pauvre que peu était capable de partir un quelconque établissement. Chaque hiver, des milliers de gens mourraient soit de froid, soit de faim. Les fermiers récoltaient leurs champs pour essayer de subvenir aux besoins de leurs familles.
Les rares fermiers étant venus à la capitale pour le marché bi-annuels étaient repartis hier serrant les maigres revenus qu’ils avaient pu empocher et maudissant le roi et les taxes, qu’il avait imposé à l’entré des portes, ils lapidaient la bonne moitié de leur maigre argent pour les payer.
Le tonnerre grondait les éclairs illuminaient la route sans l’effrayer aucunement. Nombre de nuit, l’étranger avait, seul, subi les affres de la terreur. Terré au fin fonds d’une ruelle se cachant des gardes qui l’auraient tué s’ils l’avaient trouvé après avoir commis quelques menus larcins.
Et des autres jeunes vivant aux crochets de la société. Après une année, il avait fini par ne plus se faire importuner par eux, le fait, qu’il ait survécu jusque là, lui donnait un peu de prestige.
Jadis il avait vécu sur une ferme mais le peu de vivres que sa famille possédait allait au plus vieux ou au moins aux enfants ayant le plus de chance de survivre.
Lui maigre à faire peur ne pouvait selon son père faire un ouvrier acceptable. Pourtant, jamais on ne l’aurait forcé à partir, pour ne pas amener la malchance sur eux. Pourtant, on lui fit sentir qu’il n’était plus le bienvenu chez lui.
Une nuit d’hiver, il partit pour ne plus jamais revenir.
Sa famille survécue un moment, misérablement. L’été suivant ne connut aucune pluie, les maigres plants qu’ils leur restaient moururent et une journée, le feu prit naissance, aucun des membres de la famille ne survécurent.
Mais l’étranger ne sut jamais quelle fut la fin de sa famille. Il était parti vers la ville et ne s’intéressa plus du sort de qui que se soit. Tous ses efforts étaient pour lui-même survivre. Il apprenait la mort de ceux avec qui il avait passé un hiver avec indifférence et apathie, il hochait la tête et retournait à sa survie. C’était pour cela qu’il était encore en vie.
Et depuis la nuit qui avait vu un jeune gamin s’en allé les larmes aux yeux ne sachant comment il ferait pour vivre et gagner sa pitance, il n’avait jamais repensé à sa parenté. Non qu’il soit sans cœur ou qu’il ait des reproches pour son père, il avait fait ce qui selon lui était le mieux pour sa famille. Seulement il les chassa de ses pensées.
Le voyageur gardait son capuchon rabattu pour l’instant. Trempé jusqu’aux os mais plongé dans ces pensées, ni bonne, ni mauvaise. Il ne pensait pas la manière dont il se vengerait, les bons moments comme les mauvais, il les acceptait avec nonchalance la vie lui avait montré que le mouvement du balancier finirait par descendre. Un jour de pluie suivait un de soleil et c’était la vie.
Il laissait les forces de la nature le laver des mauvais traitements qu’il avait subis, dans son ancienne vie. Une vie qui avait commencé dans un taudis crasseux et souillé et avait pris fin dans un cachot. Car il se l’était juré, plus jamais il ne permettrait de devoir enduré de mauvais traitement. Quel que soit son futur il refusait de subir les atrocités qu’il avait subies, il préférait mourir, tout simplement.
Il raya cette vie en ne gardant que ce qui pourrait lui servir, le reste il le chassa. Comme il avait chassé sa famille de sa mémoire. Peu lui importait7 ans d’enfer. Il garda dans sa pensée la période où il avait fait parti d’une troupe de théâtre pour ses
Il prenait plaisir à pouvoir enfin marcher sentir ses muscles se délier après tant de semaine sans bouger enfermé dans une cellule surpeuplée grâce aux bons soins de la garde. Dans des conditions invivables, alors que les prisonniers n’avaient à peine de quoi se nourrir.
Les prêtres royaux avaient murmuré à l’oreille du roi que l’édification d’un temple pouvait apaiser leur dieu qui ne donnait pas au souverain d’héritier mâle pour lui succéder. Le dieu était selon eux furieux contre le monarque pour les massacres que ce dernier avait perpétré au temps de sa jeunesse contre des sanctuaires et autres.
Le roi manquait de main d’œuvre, les esclaves étaient tous morts par les mauvais traitements que les surveillants leur faisaient subir.
Le roi avait passé ordre que tous les garçons ou hommes de 9 à 60 ans trouvés dans les rues après la tombée de la nuit ou avant seraient sur-le-champ mis à la construction du temple gigantesque qu’il construisait pour la gloire divine.
Le voyageur solitaire avait fini par être attraper par la garde et s’était vu enfermé sans chance de fuite possible. Son futur déjà peu resplendissant était devenu aboli.
Quand le gamin sut la mort inévitable où le lendemain on le mènerait, avec les autres, il décida de s’enfuir ou de mourir en l’essayant. Mieux valait cela que de devenir esclave, selon lui. Le fugitif avait trouvé un moyen de partir de la prison tristement célèbre de Slave.
Il fut le seul à réussir cette action que certain considérait comme infaisable. Il ne divulgua jamais à personne la manière dont il s’était enfui.
Il avait passé une nuit à jouer à cache-cache avec les gardes de la capitale et se s’serait fait reprendre sans l’aide d’un voleur qui eu pitié de lui et le fit sortir de la ville.
Le détrousseur faisait parti de la guilde la plus connue des citadins soit les Exilés. Ils se nommaient ainsi car les membres les plus hauts gradés étaient, selon la croyance populaire, des voleurs venus de l’Île du Diable et qui avait par le bon vœu de la providence survécu au massacre que le roi de la contrée avait perpétré.
Le jour où cette ville qui le narguait depuis des années avait enfin capitulé. Cette île avait été le repaire de tous les pirates qui sillonnaient la mer et attaquaient les coursiers royaux et un port où des marchandises de toute sorte pouvaient être échanger.
L’île était connue de tous les marchands qui ne voulaient pas payer les taxes que les royaumes demandaient. Maintenant, l’île n’était qu’une terre désolée et infertile. La ville, des ruines où l’activité qui s’y déroulait, n’était qu’un pâle souvenir.
Dans l’heure la plus sombre de la nuit, celle avant le lever du soleil, le voleur l’avait fait sortir de la cité par un passage que les indésirables de la ville utilisaient plus ou moins souvent.
Après un échange de poignée de main, le jeune garçon partit vers le sud où on disait que l’esclavage n’était pas accepté. Les chances de vivre sans ennuis étaient plus fortes qu’au Lausrund. Sans ennui, façon de parler, il ne s’attendait pas à ce que le changement de paysage le change lui, un voleur, vivant au crochet des honnêtes gens. Tel une tique à l’état latent, qui se réveille quand elle sentait du sang.
Ceux qui rêvaient d’une autre vie devaient traverser tout le royaume et s’ils se faisaient prendre s’était la pendaison à coup sûr ou un sort plus pire encore selon la démence de ceux qui l’attraperaient.
Cette possibilité n’effrayait pas le jeune homme, la mort l’attendait s’il restait dans cette contrée. Il préférait faire quelque chose pour mériter cette fin. Le trajet était long mais c’est la joie au cœur que le proscrit partait de la ville qui l’avait vu naître.
Les cheveux noirs, emmêlés porté à mi-épaules une balafre sur la joue gauche, cadeau venu de son enfance. Et sur l’épaule gauche une cicatrice en forme de lys symbole de son séjour dans les prisons royales. Les yeux verts sans aucune trace de peur fixer résolument vers le sud sans un regard en arrière malgré le fait que s’il était repris, on le ferait subir le supplice de la roue, couperait sa tête et on exposerait son corps pour que tous voient le châtiment qu’on réservait à ceux qui voulaient changer leur sort.
Si quiconque l’avait vu en cet instant il aurait pris peur et se serait éloigné en trébuchant en faisant le signe contre les mauvais esprits, tant il semblait venu d’un temps ancien. Comme un de ces chevaliers errants en quête de gloire. Son apparence n’y était pour rien mais son regard, limpide avec une détermination peu commune en ces terres où la servitude était la seule manière de survivre. Mais la route était déserte et lui seul dans la tempête qu’était sa vie.
L’évasion réussie d’un jeune garçon nommé Zorn là où nul autre avait réussi entra dans la légende locale grâce au bon soin du voleur qui sauva le héros de la mort.
Ce voleur finit par ce ranger et ouvrit une auberge où les Exilés se rassemblèrent chaque nuit. Le voleur devenu aubergiste raconta aussi souvent que possible l’histoire de l’évasion de la prison de Slave jusqu’au jour où une troupe de gardes impériaux passa près de son auberge et par une fenêtre ouverte ils entendirent l’histoire, ils enragèrent.
L’auberge ferma et l’aubergiste subit le supplice de la roue en punition d’avoir insulté le roi et s’être plaint de son sort. Triste fin pour avoir sauver la vie d’un pauvre. On ne se traumatisa pas pour lui tout de même car de tel acte de barbarie était devenu monnaie courante. Au temps de la fin du règne de Hendrick avant l’invasion des Bes’chaafd.